Eberbach / Seltz

Le Eberhof

Naissance d'un nouveau village

Vie paroissiale

 

Mon village ( poême )

 

Eberbach/Seltz

Village de 382 habitants ( recensement de 1999) situé dans le département du Bas-Rhin (67) à l'extrémité nord-est de la région Alsace, à soixante kilomètres au nord de Strasbourg, à dix kilomètres à l'ouest du Rhin, et à une distance équivalente de la frontière allemande au nord.

Jusqu'au XVIIIème siècle, l'histoire ne nous apprend que peu de choses sur l'existence humaine sur le site actuel de la commune.

Des fragments de poterie attestent de son occupation à la fin de l'époque gallo-romaine (IVème siècle).

La localité d'Eberbach est créée par l'abbaye bénédictine de Seltz, fondée par l'impératrice Adélaïde vers la fin du premier millénaire. L'empereur Frédéric 1er Barberousse confirme cette possession. Il y libère les serfs en 1187.

En 1442, la localité faisait partie du fief des barons de Fleckenstein. Ravagé par les guerres et la peste, village en ruine et sans vie, le ban de la commune est incorporé en 1536 au ban commun de Niederroedern, Wintzenbach, et Oberlauterbach. Le village avait disparu.

 

Le Eberhof

Créée par l'abbaye bénédictine de Seltz en 995, la ferme Eberhof est propriété de l'abbaye jusqu'en 1163, date à laquelle l'empereur Frédéric 1er Barberousse donna ses biens du fief de Ste- Adélaïde à l'abbaye de Königsbrück (fondée vers 1140), qui en resta propriétaire jusqu'à la révolution française de 1789.

Implantée sur le ban de la localité, la ferme Eberhof, d'environ 34 ha. est exploitée par un fermier. Les moutons de l'Eberhof pouvaient paître dans le ban mercredi et jeudi contre 6 pains et 7 fromages l'an. La ferme Eberhof était la seule rescapée des invasions et guerres, et pendant deux siècles (XVIème et XVIIème) la seule exploitation agricole sur le site de la commune.

Pendant la révolution, les biens du clergé sont déclarés biens nationaux. La ferme n'échappe pas à cette règle. Louée d'abord à Adam Weiss d'Eberbach et David Debus de Niederroedem pour trois ans, elle est ensuite vendue comme bien national à Schmitt, commerçant à Landau, puis à Meissert qui, mis en faillite, doit la céder à son créancier Auscher de Lauterbourg. En 1812, Auscher la revend en 39 petits lots, le premier comprenant la maison d'habitation à un étage, deux granges, l'étable, la cour, le potager, la maison du berger et 48 ares de terres. Elle était alors exploitée par les mennonites Kraebihl.

Abandonné en 1905, le lot comprenant les bâtiments est vendu en 1906 à deux citoyens d'Eberbach qui démolirent les bâtisses pour en réutiliser les matériaux.

La ferme Eberhof était située près du Neugartenhof (ancêtre du Schrammhof), un peu en contrebas vers l'est en direction du village d'Eberbach. Quelques vestiges confirment encore son emplacement au milieu du XXème siècle.

 

Naissance d'un nouveau village

Plus récent que les villages aux alentours, Eberbach/Seltz fut fonde sous le règne de Louis XIV. Le 1er mars 1701 fut rédigé l'acte de création par les barons de Fleckenstein du nouveau village ou « Neudorf », appelé Eberbach/SeItz. Il est implanté sur le ban commun de Niederroedern, Wintzenbach et Oberlauterbach.

Le ban, appartenant à ces communes, était d'une grande étendue. Partiellement, il consistait en biens incultes, forêts et autres terres en friche. Selon une ordonnance royale de 1682, les terres incultes en Alsace devaient être mises en valeur. En un lieu convenu, les volontaires pourront construire des maisons, des granges, des écuries. Chacun recevra un emplacement de deux acres (48 ares) pour les bâtiments et le jardin. D'après l'ordonnance royale de 1687, tous ceux qui défricheront les terres doivent les posséder et en jouir, et seront libérés de la dîme pendant les douze premières années.

Pour favoriser le développement rapide du village, les seigneurs de Fleckenstein accordent eux aussi des avantages substantiels. Tous ceux qui bâtissent des maisons à un étage sont pleinement exempts pendant trois ans des servitudes et charges seigneuriales. Pour les maisons à deux étages, l'exemption est de six ans. En ce qui concerne les pâturages, les habitants des trois villages et ceux du futur « village neuf» doivent en jouir en commun.

Les premiers habitants viennent principalement d'Allemagne, mais aussi de Suisse et des provinces françaises. L'état civil est assuré par Niederroedern jusqu'en 1722, date à laquelle les Rohan, successeurs des Fleckenstein, donnèrent un ban à Eberbach qui devient alors commune autonome. Les noms des pionniers figurant sur les registres de l'époque : Stoltz, Royer, Saali, Walter, Weber, Heintzelmann, Pfaff..., sont toujours en vigueur.

Les premières maisons sont construites dès 1702-1703. La population augmente rapidement. Elle est d'environ 200 habitants en 1720 ; elle atteint 401 habitants en 1900. L'école construite en 1730 est remplacée en 1830. La mairie-école date de 1882. A cette époque, l'école accueillait une centaine d'élèves répartis sur deux classes.

Le village est électrifié après la première guerre mondiale ; l'eau courante n'est installée que quarante ans plus tard.

La population entièrement agricole vit chichement pendant plus de deux siècles des produits de la polyculture. Avec le remembrement des terres, l'évolution technologique, la mécanisation, la construction de l'Europe, la majorité des habitants s'oriente vers l'industrie et le travail frontalier. Aujourd'hui, quelques rares paysans, fortement mécanisés, cultivent l'ensemble des terres. La culture de maïs remplace la polyculture d'autrefois.

Pendant les dernières décennies du XXème siècle, le village connaît un essor important. Les travaux d'assainissement sont réalisés, le réseau routier est entièrement rénové. Le village se modernise : salle des fêtes, complexe sportif, associations sportives et culturelles, grâce au dévouement de la population et des élus locaux. De nouveaux quartiers ou maisons individuelles voient le jour. Il fait en effet bon vivre aujourd'hui à Eberbach/SeItz.

 

Vie paroissiale

A l'origine, Eberbach dépend de la paroisse de Wintzenbach. La paroisse d'Eberbach est créée en 1758 confirmant un essor initié dès les années 1720. L'église est construite en 1732, remplaçant une construction primitive. La paroisse devient indépendante de 1802 à 1808 mais redevient par la suite filiale de Wintzenbach avant d'acquérir une indépendance définitive en 1820.

L'église et le cimetière (datant de 1722) sont situés à l'endroit le plus élevé du village. Se révélant trop petit, le sanctuaire est agrandi en 1867 puis aménagé au fur et mesure : le maître-autel en 1868, la chaire en 1872, les autels latéraux en 1874, le banc de communion en 1876, les vitraux et l'orgue qui remplace l'ancien harmonium en 1894.

La tour, couverte d'ardoises en 1869, est considérablement endommagée par la tempête de 1905. Elle doit subir de gros travaux l'année suivante. L'église, endommagée pendant les dernières guerres, est chaque fois restaurée. Elle est en même temps agrandie après la deuxième guerre mondiale sur l'initiative du curé Adolphe Fuger. L'église Saint-Louis est aujourd'hui un bel édifice.

La chronique paroissiale rapporte également l'installation et le baptême des différentes cloches de l'église.

La première, dont on ne dispose pas d'informations sur sa mise en place, est refondue en 1866 aux frais des habitants de la commune sous l'administration de MM. BERSCH Jacques, curé ; WEBER Michel, maire ; parrain : ARTH André ; marraine : ARTH Marguerite. Cette première cloche fut confisquée par les allemands pendant la première guerre mondiale pour la fabrication d'obus.

Une deuxième cloche fut ajoutée en 1906 sous l'administration de MM. JUNG Joseph, curé ; HEINTZELMANN Joseph, maire ; parrain : FOELLER Michel ; marraine : HE1NTZELMANN Catherine. Cette cloche devait subir le même sort que la précédente ; les événements en ont décidé autrement.

Celle confisquée par les allemands fut remplacée en la fête de l'armistice le 11 novembre 1923 aux frais des paroissiens sous l'administration de MM. TRIEB Adolphe, curé ; MUSTER Antoine, maire ; parrains : KRIEG Joseph, SAALI Jean, MARBACH Laurent ; marraines : STOLTZ Caroline, WALTER Thérèse, KRAEMER Marie-Anne.

A l'époque, la population d'Eberbach espérait compléter le carillon par l'installation d'une troisième cloche. Vœu pieux sans doute !

 

 

 

Eberbach / Seltz , c'était aussi :

Mon village - par Alphonse MULLER ( 25 - Montbéliard )

Mon village, mon paradis
Avec ses maisons au blanc torchis
Sur tes contreforts de la rue Calvin
Où le soleil brille tôt le matin
Maisons à colombages
Construction d'un autre âge
Près de l'église et de l'école communale
Ou alignées le long de la rue principale
Maisons sans garages
Certaines à étages
Dans l'impasse des moustiques
Maisons à tous points identiques
.
C'est là qu'un jour je suis arrivé
Le Quinze d'un mois de février
Ce siècle avait déjà trente ans
C'était à l'approche du printemps
C'est là que je me suis épanoui
La première décennie de ma vie
.
Du haut de tes collines
Trois siècles te devinent
Paré d'un large ruban
De prés et de nombreux champs
Sur les coteaux ensoleillés
Vignes minutieusement soignées
Des arbres sur maintes parcelles
Portant fruits et servant d'ombrelle
Au loin parmi les arbres fruitiers
Les acacias et les peupliers
Se dressent près de l'école primaire
L'église et les tilleuls centenaires
Entourés de maisons séculaires
Avec jardins aux cultures maraîchères
Et vergers aux fruits sans pareil
Mûris par les rayons du soleil
.
Tu es aussi très accueillant
Avec ton décor odorant
Fleurs aux parfums variés
Qui te vont comme une livrée
Tandis que bleuets, coquelicots et roses
Fleurs choisies et cueillies pour la bonne cause
Sont répandues les jours de procession
Sur les parcours en guise de dévotion
Evénement plein d'ardeur
On s'y prêtait de bon cœur
C'était notre hommage
A la façon des rois mages
Décor merveilleux et enchanteur
Egayé par une nuée de chanteurs
.
Et quelle soif de vivre
Qui réjouit et qui enivre
Près des tilleuls ou du marronnier
Attendant la sortie des écoliers
Et à la belle saison
Sans autres distractions
En sabots ou pieds nus
Maraude et fruits défendus
Lorsqu'apparaît le manteau blanc
Parties de luge en tous temps
Déjà Noël frappait à nos portes
Près du sapin, la petite cohorte
Anxieuse et rassurée à la fois
Attendait l'événement dans la joie
Il y avait aussi ces joyeuses veillées
Préparées et animées par nos frères aînés
Sans oublier le folklore des marchands
Avec leurs chevaux pomponnés et fringants
Harnachés et garnis de grelots
Proposant épicerie ou tricots
Kerwe, fête et féerie
Avec son lot de sucreries
C'était notre récompense
Vers la fin des grandes Vacances
.
Tout cela, c'était ma Jeunesse
Vécue avec beaucoup d'allégresse
Dans l'Eden de mes rêves
Comme Adam et Eve
Avant la tourmente
Des années Quarante
.
Depuis tu t'es beaucoup embelli
Tu as revêtu de beaux habits
Nouvelles maisons, nouveaux îlots
C'est le printemps, c'est le renouveau
Mais où sont tes jolis ornements
Que l'on voyait partout dans les champs !
A regarder ton uniforme
On te trouve plutôt monotone
Mais plus de marécages sur les routes du village
Eau courante dans chaque ménage
Téléphone, confort, on aménage
Trottoirs, macadam et parking
Font aussi partie de ton lifting
Espaces sportif et communal
C'est le progrès du monde rural
.
Aujourd'hui les jeunes peuvent être fiers
Comme au même âge nous l'étions hier
Et que de rêves et de souvenirs
Pour les générations à venir

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