Le pays de nos ancêtres : l'ALSACE

Le Nord de l'Alsace a connu bien des vicissitudes au cours des siècles. De par son emplacement stratégique et ses richesses naturelles, l'Alsace fut la proie de toutes les convoitises. Pendant des siècles, elle fut malmenée, pillée par les envahisseurs. D'abord dévastée par l'invasion des barbares : Huns, Alamans et autres peuples sanguinaires, elle fut, à la suite des conflits armés, ruinée et dévastée par les hordes guerrières qui n'ont épargné ni les habitants ni les cités.

L'Alsace fortement dépeuplée et dévastée par la guerre de Trente ans, la peste en 1623 et la famine, nécessitait une véritable colonisation. Sur appel des autorités royales françaises, des allemands, suisses, savoyards, champenois et lorrains s'y installent ainsi qu'en Franche-Comté, elle aussi très touchée par les mêmes fléaux. Pendant la période de stabilité qui a suivi ces évènements, les migrations internes rétablissent l'équilibre pendant quelques décennies. Mais par manque de bien être et de sécurité, de nombreuses personnes quittent le pays.

Pour repeupler l'Alsace et remettre en valeurs les terres, les autorités royales par ordonnances de 1682 et 1687, ont accordé au fil des années un certain nombre d'avantages aux nouveaux arrivants, demandant également à l'administration territoriale de prendre toutes les mesures nécessaires pour retenir la population. C'est ainsi que de nouveaux quartiers et villages voient le jour en Alsace, mais aussi dans les autres régions touchées par le dépeuplement. Ainsi, depuis le traité de Westphalie en 1648 et sous l'impulsion de Louis XIV, l'Alsace redevenue française renaît difficilement mais avec courage des ruines provoquées par les guerres antérieures.

A peine deux siècles plus tard, c'est à nouveau l'opposition franco-allemande qui tourmente les habitants de la région. En 1870, puis avec les deux guerres mondiales, l'Alsace est toujours en première ligne. Au cours de la dernière guerre, l'Alsace a subi un mouvement de population sans précédent. Le 1er septembre 1939, la population frontalière dans le périmètre de la ligne Maginot (dont Eberbach/Seltz) est évacuée au centre de la France, régions du Limousin et du Périgord. Après l'armistice franco-allemand de juin 1940, la majorité des familles regagnent leur Alsace natale, devenue allemande par annexion. C'est alors un autre cauchemar qui commence, l'endoctrinement à l'idéologie nazie et la période des " Malgré nous ". D'autres familles, restées au centre de la France pour raisons personnelles, réintègrent leur village à la fin des hostilités en 1945 . L'Alsace redevient française.

C'est dans cette Alsace meurtrie et tourmentée pendant des siècles, jalonnée par les monuments qui en font mémoire, peuplée de travailleurs fiers et acharnés que vécurent nos ancêtres.

Aujourd'hui, l'Alsace a retrouvé son calme et, grâce à la construction européenne, une réelle et durable stabilité, un nouvel essor, la sécurité et le bien être.

à voir aussi Historique de l'Alsace -
Chronologie de l'histoire de l'Alsace

 

Le parler Alsacien

Parler de l'Alsace sans aborder la question linguistique serait un affront à l'histoire et au peuple alsacien.

Depuis les Alamans, venus de Souabe en l'an 406, occupant pendant plus d'un siècle les territoires conquis (l'Alsace et partiellement la Franche-Comté et la Suisse) et jusqu'à nos jours, l'Alsace était tantôt sous domination germanique, tantôt française.

Les dialectes alémaniques datent de cette époque. En Alsace, dans le pays Badois et en Suisse alémanique, on parle dans la vie de tous les jours ces dialectes.

Le parler alsacien n'est ni un patois ni une langue ; c'est un dialecte alémanique spécifique, parlé depuis de très nombreuses générations. Il varie beaucoup localement mais surtout du nord au sud. Dans la région de Wissembourg, il est très voisin du parler germanique. Les variantes du dialecte, qui ont entre elles beaucoup de points communs, sont néanmoins très éloignées de la langue littéraire allemande.

Parlé régulièrement par la génération de nos parents, le dialecte a beaucoup régressé. A partir de la deuxième moitié du XXème siècle, l'Alsace s'oriente franchement vers la langue française. Aujourd'hui, peu de jeunes, tout en comprenant le dialecte, le parlent vraiment.

C'est pourquoi une vigoureuse campagne de promotion du bilinguisme a été mise en place par les collectivités alsaciennes pour enrayer un certain recul de la pratique du dialecte en Alsace.

Poésies et pièces théâtrales constituent la littérature dialectale. Elles sont aussi la référence du parler alsacien.